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Publié par slauro

La souffrance au travail toujours décriée et loin d'être remise en cause : certes il y a aura toujours celui ou celle qui va profiter du système et exploiter la faille, mais qu'en est-il des millions de salariés en souffrance en France et en Europe ? Tous des simulateurs ? Pas très loin...

Il est vrai que la mise en mots est lourde, incomprise, les visions des situations bien complexes malgré des indicateurs au rouge, les remises en cause sont souvent lentes, difficiles voire improbables, quant aux victimes véritablement traumatisées, elles peinent à remonter la pente et à aller vers une reconstruction positive, n'arrivant plus à penser leur travail (et donc encore moins à le panser !). Le discours jusqu'à présent entendu était celui du conflit interpersonnel, de la personne faible, de la personne "ayant des problèmes personnels" ou "ayant des problèmes familiaux", ou étant une personne "caractérielle" etc... Le jugement de la personne encore et toujours... Position largement décriée par tous les spécialistes, le sujet ne doit pas (ET NE DOIT PLUS) être abordé sous cet angle. Acculée, accusée, la victime s'isole, fuit et parfois met fin à sa vie (tout en simulant de mettre fin à sa vie bien évidemment : "Alors que je venais d'avaler des comprimés sur mon lieu de travail, j'ai entendu mon manager dire à mes collègues : "laissez, elle simule !"... (extrait du documentaire "J'ai mal au travail").... L'heure est donc à la simulation : pour profiter du système ou pour quel qu'autre motif que ce soit.

Que dire aussi des "agresseurs-victimes" qui attaquent en premier, la première défense étant l'attaque ? (qui sont eux de vrais simulateurs mais que personne ne sanctionne !). Que dire du groupe qui harcèle et qui tue ? ("simulateurs" par contrainte bien souvent). Que dire de la victime détruite par le regard de l'autre et par ses dires ? Pour reprendre, B. CYRULNIK : le traumatisme est difficilement "entendable" pour l'entourage, qu'il soit professionnel, amical ou familial, cette torture psychologique vécue par les salariés c'est comme énoncer le récit d'une survie en camp de concentration, ce n'est pas possible parce que ce n'est pas pensable. Tous simulateurs ? Non, mais tous polyhandicapés du travail : oui. Aveugles : ceux qui ne veulent pas voir, sourds : ceux qui ne veulent pas entendre, muets : ceux qui ne se positionnent pas pour lutter contre ce véritable fléau qui est en train de dévaster la moitié de la population française.

Amusez-vous donc vous aussi à mettre ce thème en débat autour de vous... et voyez les réactions : ceux qui cherchent à comprendre, ceux qui jugent, ceux qui sont intransigeants, ceux qui ne se remettent pas en question, ceux qui l'ont vécu et qui savent ce qu'il en est, ceux qui pensent que vous êtes comme eux : "vous êtes comme moi, vous traînez derrière vous trop de casseroles !", et ceux qui disent que "la plupart des salariés simulent"... jusqu'au jour où... le(la) prochain(e) "simulateur(rice)" ce sera vous...

"N'allez pas là où le chemin peut mener, allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace" EMERSON.

S. LAURO - 23 janvier 2011

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